Sur le papier, les annonces autour du Ugreen HomeAgent HA100 avaient de quoi faire rêver tout passionné de maison connectée. Positionné comme le futur “cerveau” autonome du domicile, ce hub tout-en-un associe stockage local, traitement de l’intelligence artificielle sans cloud et pilotage domotique universel. La promesse ? Une maison capable d’anticiper vos besoins et de gérer les automatisations sans qu’aucune ligne de code ou scénario complexe ne soit nécessaire, le tout dans un respect absolu de la vie privée.

J’ai pu obtenir un exemplaire en avant-première pour confronter ce doux rêve à la réalité du terrain. Après plusieurs semaines de tests sur cette version bêta, le constat est très mitigé. Si l’ambition est louable, l’exécution demande encore beaucoup de travail pour s’approcher de l’objectif.
Un NAS solide, mais une interface encore trop bridée
Commençons par ce que Ugreen maîtrise le mieux : le stockage. Côté NAS, le HA100 s’appuie sur l’excellente base matérielle et logicielle que nous avions déjà pu éprouver lors du test du Ugreen DXP2800GT. La marque confirme son positionnement agressif et qualitatif sur ce secteur, assurant une gestion sécurisée des fichiers en local. Les NAS Ugreen se placent globalement comme une bonne alternative a Synology, Bien que Synology reste la gamme la plus pointue et pro du marché.

Cependant, une ombre majeure vient ternir le tableau de cette préversion : l’administration du système est exclusivement reléguée à l’application mobile.

Pour un appareil qui se veut être le centre névralgique de la maison, l’absence d’une véritable interface web accessible depuis un navigateur sur ordinateur est une régression frustrante. Gérer son infrastructure, ses volumes et ses services demande un confort visuel et ergonomique qu’un écran de smartphone ne peut tout simplement pas offrir aux utilisateurs exigeants.

Domotique et IA : Le compte n’y est pas encore
La véritable attente autour du HA100 réside dans sa capacité à unifier la domotique via le standard Matter et à la piloter via une IA locale, sans rien faire ou presque. En l’état, la réalité de cette bêta est bien plus crochue et décevante.

L’intelligence artificielle embarquée (pour le moment cantonnée à l’anglais, ce qui n’est pas bloquant pour un profil technique, mais limite l’accessibilité) montre de sérieuses lacunes. Nous sommes encore extrêmement loin des capacités de raisonnement et de fluidité d’un LLM comme Claude, ChatGPT ou Gemini.

Du côté de l’intégration Matter, l’expérience manque de stabilité. L’initialisation du hub m’a demandé de m’y reprendre à deux fois avant de pouvoir enfin accéder à l’environnement domotique.

Une fois configuré, l’association des périphériques s’avère encore trop limitée. La promesse d’une anticipation intelligente et d’une automatisation intégrale et transparente est, pour l’heure, absente. Le système nécessite de lourdes optimisations pour prétendre remplacer des solutions ouvertes et éprouvées.

Pourtant quand on trifouille dans les entrailles du Home Agent 100, on tombe sur une belle surprise. Il est encore un peu tôt pour en dire plus car c’est encore une version en cours d’evaluation et de développement mais je peux simplement vous dire que le “HA”, n’est pas qu’une coincidence … Malheureusement, là encore ce fut un point de deception. Espérons que cela évolue dans la bonne direction d’ici le lancement officiel.
Vidéosurveillance (NVR) : La seule vraie bonne surprise
Le HA100 est une chimère : NAS, hub domotique, mais aussi enregistreur vidéo réseau (NVR). C’est paradoxalement sur ce dernier aspect, que je n’attendais pas spécialement au tournant, que l’appareil dévoile son véritable potentiel.

La partie NVR est de loin la plus aboutie de la solution. Ici, le traitement de l’IA en local prend tout son sens et se rend réellement utile en offrant une excellente détection d’événements (personnes, véhicules, animaux). Le couplage de cette analyse intelligente avec la sauvegarde locale et sécurisée sur les baies de disques du NAS forme un écosystème de vidéosurveillance robuste et respectueux de la vie privée. À l’heure où j’écris ces lignes, c’est le seul pilier du HA100 qui soit véritablement à la hauteur de ses ambitions. mais ca fait cher le NVR !

Un report de lancement indispensable et salvateur
Il est crucial de rappeler que le boîtier que j’ai entre les mains est une préversion. Essuyer des bugs, se heurter à des limitations d’intégration ou faire face à des redémarrages inopinés fait partie du jeu sur un produit non finalisé. Néanmoins, l’état actuel du firmware indique que le produit est encore très loin d’une version commercialisable.
Ugreen semble en avoir pris pleinement conscience. Initialement, la marque visait un lancement en grande pompe sur Kickstarter le 27 octobre 2026, avant d’annoncer un premier glissement vers novembre. Finalement, face aux retours des premiers testeurs dont je fais partie, le constructeur a pris la décision radicale de revoir totalement sa feuille de route. Le lancement officiel est désormais repoussé au 13 avril 2027.
C’est une excellente nouvelle. Ce report de plusieurs mois est une décision stratégique sage qui démontre que la marque est à l’écoute de sa communauté. Ce délai supplémentaire est vital pour stabiliser le firmware, étendre drastiquement la compatibilité Matter et affiner le modèle d’IA locale. Le Ugreen HA100 a un potentiel matériel indéniable, mais il lui faut maintenant le logiciel pour le concrétiser et enfin devenir le véritable cerveau de la maison connectée qu’il aspire à être.
J’ai bon espoir de vous proposer une revue à la hauteur des promesses du boîtier d’ici le mois d’avril 2027. Affaire à suivre ! L’avenir nous le dira.







