Si vous suivez l’actualité tech (et notamment les colonnes de domo-blog, vous n’avez pas pu passer à côté de la dernière pépite de la fondation : le Raspberry Pi 5 équipé de 16 Go de RAM. Une machine qui repousse les limites de la puissance pour nos petits serveurs domestiques DIY, mais qui repousse aussi… celles de notre portefeuille !
Affiché actuellement à plus de 300 €, ce nano-ordinateur trahit-il son ADN d’origine ? À ce tarif, ne vaudrait-il pas mieux se tourner vers un bon vieux mini PC x86 pour faire tourner sa domotique Home Assistant ? Décryptage d’une tendance qui bouscule notre petit monde domotique.
Les promesses alléchantes du Raspberry Pi 5 16 Go
Le Raspberry Pi 5 avait déjà apporté son lot d’innovations majeures : un processeur ARM Cortex-A76 bien plus véloce et l’intégration inespérée d’un port PCIe pour y brancher un SSD NVMe. Avec l’arrivée de 16 Go de mémoire vive LPDDR4x, la fondation vise clairement les utilisateurs exigeants.
Pour nous, amateurs de maison connectée et de projets DIY 16 Go ouvrent théoriquement des portes incroyables :
- Virtualisation poussée : Faire tourner Proxmox avec de multiples conteneurs (LXC) et machines virtuelles sans saturer la RAM.
- Intelligence Artificielle en local : Gérer la reconnaissance d’objets (via Frigate pour la vidéosurveillance) de manière fluide.
- Bases de données gourmandes : Héberger un stack complet (InfluxDB, Grafana, Node-RED) sans aucun goulot d’étranglement.
Mais cette débauche de mémoire vive a un coût, et c’est là que le bât blesse.
L’addition salée : quand la framboise se prend pour une pomme
Le succès historique du Raspberry Pi reposait sur une promesse simple : l’ordinateur à 35 $ pour rendre la bidouille accessible à tous. Aujourd’hui, avec la variante 16 Go tarifée autour de 300 €, on a un peu l’impression d’avoir loupé une étape.
Et attention, à ce prix-là, vous n’avez que la carte nue ! Pour en faire une box domotique viable, fiable et durable, il faut passer à la caisse pour les accessoires :
- L’alimentation officielle 27W (indispensable) : ~15 €
- Un boîtier avec refroidissement actif (car le Pi 5 chauffe énormément) : ~15 €
- Un HAT NVMe + un SSD pour éviter les fameuses pannes de carte MicroSD : ~50 € minimum
Bilan des courses : la facture finale flirte allègrement avec les 400 €. Un tarif qui fait grincer des dents la communauté et qui nous amène à une conclusion inévitable. On est loin du concept original du Raspberry Pi…
Face au tarif, le Mini PC devient (vraiment) plus malin
C’est un constat implacable : à 300 €, le Raspberry Pi perd son avantage concurrentiel face aux Mini PC traditionnels qui explosent un peu partout.
Prenez un mini PC de bureau équipé d’un processeur Intel N100 ou N97 (comme ceux proposés par Beelink, NiPoGi ou Geekom). Pour souvent moins de 200 € sur Amazon, vous obtenez un système infiniment plus complet :
- Le package “All Inclusive” : Le boîtier, l’alimentation, 16 Go de RAM, et un SSD NVMe de 500 Go sont déjà inclus et montés.
- Une architecture x86 complète : Fini les galères de compatibilité d’images Docker réservées à l’architecture ARM. Sur un mini PC, tout tourne nativement (Windows, Debian, Ubuntu) avec une documentation illimitée sur le web.
- Une puissance de frappe supérieure : Pour l’encodage vidéo matériel (si vous utilisez Plex ou Jellyfin en plus de votre domotique), les puces Intel écrasent le Pi tout en conservant une consommation électrique dérisoire (souvent autour de 6 à 10W au repos).
- La possibilité de doubler les PC dans le budget d’un Raspberry Pi 5 16Go + accessoires pour monter une installation domotique à haute disponibilité, capable de se réparer toute seule en cas de problème ! C’est ce que je vous explique pas à pas dans le guide ci-dessous :
Domotique Indestructible : Créez un Cluster Proxmox à Haute Disponibilité pour Home Assistant
Il existe mille façons d’installer (Raspberry Pi, Box Green, Mini PC, VM…), mais toutes ont un point commun : une faille unique. Si le matériel lâche, votre maison s’arrête. Même la virtualisation classique ne couvre pas tous les risques. Pour…
Faut-il enterrer le Raspberry Pi pour la domotique ?
Pas si vite ! Le Raspberry Pi garde des atouts indéniables, à condition de bien cibler son besoin :
- La connectique GPIO : Si votre projet implique de brancher des capteurs en direct, des relais, ou d’utiliser des cartes d’extension spécifiques (les fameux HAT Z-Wave, Zigbee, EnOcean), le Pi reste le roi incontesté.
- La compacité extrême : Son format carte de crédit lui permet de s’intégrer discrètement dans n’importe quel tableau électrique ou boîtier imprimé en 3D.
Le verdict de la rédaction
Oubliez la version 16 Go si c’est “juste” pour gérer votre maison connectée. Un Raspberry Pi 4 ou un Pi 5 en version 2 Go ou 4 Go reste amplement suffisant pour faire tourner Home Assistant ou Jeedom de manière ultra-fluide, pour un tarif qui reste raisonnable.
En revanche, si vos ambitions nécessitent 16 Go de RAM pour un serveur domotique/multimédia massif, le calcul est vite fait : foncez sur un Mini PC Intel N100 ou un ordinateur Micro TX Dell/Lenovo/HP d’occasion. Votre portefeuille (et vos nerfs lors de l’installation de certains containers Docker) vous diront merci.








