Le concept modulaire du Khadas Mind a déjà bouleversé notre conception du poste de travail. Si nous avions été séduits lors de notre test du premier Mind Graphics, cette nouvelle itération vient balayer ses rares limites pour repousser les standards de la puissance externe. Avec le Khadas Mind Graphics 2, le fabricant intègre la toute nouvelle architecture Blackwell de NVIDIA sous la forme d’une RTX 5060 Ti de 16 Go de VRAM, le tout dans un package toujours aussi discret et modulable, loin des gros PC de gameur.
Voici notre verdict sur cette station d’accueil surpuissante qui redéfinit totalement l’usage du mini-PC.
Packaging et finitions digne des produits Apple
Dès la réception du produit, l’expérience utilisateur est soignée à l’extrême. L’ouverture de la boîte fait immédiatement penser aux standards de présentation imposés par Apple.
L’emballage est minimaliste, les ajustements au millimètre, et le produit est mis en valeur dans un écrin épuré sans plastique superflu. Le châssis en aluminium anodisé du boîtier, ultra compact avec seulement 3 kg sur la balance. C’est une sensation de produit premium qui se fait sentir dès l’ouverture de la boite. Nous sommes très loin des boîtiers eGPU gamer traditionnels, souvent massifs et bardés de LED criardes. Ici, l’élégance et la sobriété règnent en maîtres, s’intégrant parfaitement sur un bureau professionnel ou dans un studio de création.

Rappel : La magie “flex” de l’écosystème Khadas Mind
Avant d’aborder la puissance brute, il est indispensable de rappeler ce qui rend la gamme Mind si unique sur le marché des mini-PC. Contrairement à un ordinateur portable classique ou à un NUC traditionnel, l’ordinateur central (le module Khadas Mind) intègre une petite batterie de secours. Son fonctionnement repose sur le Mind Link, un connecteur propriétaire magnétique situé sous son châssis.

L’usage se veut d’une fluidité et d’une flexibilité absolue :
- Vous travaillez en mobilité ou en réunion avec le Mind xPlay.

- Vous transportez votre Mind dans la poche our dans votre saccoche, oui ça passe partout! La batterie maintient le PC en veille active sans fermer aucun de vos logiciels.

- Vous “clipsez” magnétiquement le module sur le Mind Graphics 2.

- Votre session reprend instantanément sur vos écrans de bureau, propulsée cette fois par une carte graphique de pointe.
C’est l’essence du hot-swapping : passer d’un ultra-portable à une station de travail sans aucun redémarrage ni perte de données.

Mind Graphics 2 vs Mind Graphics 1 : Un bond en avant
Là où le premier modèle (équipé d’une RTX 4060 Ti) montrait déjà d’excellentes dispositions, le Graphics 2 franchit un cap décisif. Ce n’est pas qu’une simple mise à jour, c’est un changement de dimension.
| Caractéristique | Mind Graphics 1 | Mind Graphics 2 |
| Puce Graphique | NVIDIA RTX 4060 Ti | NVIDIA RTX 5060 Ti (Blackwell) |
| Mémoire VRAM | 8 Go GDDR6 | 16 Go GDDR7 |
| Puissance GPU max | 140 W | 180 W |
| Interface Mind Link | PCIe 4.0 x4 | PCIe 4.0 x8 (128 GT/s) |
| Affichage supporté | 4K | 8K à 165Hz |
La véritable révolution technique de cette V2 réside dans l’évolution de la bande passante. En utilisant le Mind Link en PCIe 4.0 x8, le dock autorise un taux de transfert de 128 GT/s. Contrairement aux solutions eGPU classiques (souvent bridées par les normes Thunderbolt ou USB4), cette connexion native permet d’exploiter la carte graphique sans véritable goulot d’étranglement. Finies les baisses de framerate frustrantes, la puissance délivrée est brute et stable.

Cas d’usages concrets : Que faire avec une telle puissance ?
Sous le capot du Mind, le petit pavé qui n’est autre que l’ordinateur, c’est du Windows 11 Pro. Nous avons testé ce nouveau Mind Graphics avec la version 1 du Mind, mais il est compatible avec toutes les versions. La marque propose d’ailleurs aussi un Mind Pro qui dispose de très grosses caractéristiques. Malheureusement, face à la tension sur le secteur des composants, le Mind Pro ne fait pas partie du test. Il aurait très certainement permis de dévoiler des capacités encore décuplées, mais c’est déjà un résultat impressionnant, même avec la V1.
L’intégration d’un tel monstre technologique (qui embarque également sa propre alimentation de 350W, des haut-parleurs et 10 ports I/O) ouvre des portes jusqu’ici réservées aux immenses tours de bureau.
1. Le jeu vidéo en qualité maximale
Grâce à l’architecture Blackwell et au support du DLSS 4, le Mind Graphics 2 permet d’affronter les derniers titres AAA en résolution 4K avec le Ray Tracing activé, sans sacrifier la fluidité. Malgré ses 180W de puissance, la gestion thermique du boîtier garantit un fonctionnement particulièrement silencieux (sous les 47 dB en pleine charge), un confort indispensable pour l’immersion.
2. Création et montage vidéo 8K
Pour les vidéastes et les professionnels de l’image, le passage à 16 Go de VRAM GDDR7 est une bénédiction. Le scrubbing (le défilement rapide sur la timeline) de rushs lourds devient instantané, même en résolution 8K. Sur des logiciels de rendu 3D comme Blender (via OptiX) ou DaVinci Resolve, la puissance de la puce desktop réduit drastiquement les temps d’exportation.
3. Intelligence Artificielle et Machine Learning en local
C’est le grand atout de cette nouvelle génération. La quantité généreuse de mémoire vidéo ultra-rapide permet de faire tourner de gros modèles d’IA en local. Que ce soit pour générer des images complexes via Stable Diffusion ou pour interroger des LLM (Large Language Models) sans subir les erreurs de mémoire insuffisante, le Mind Graphics 2 transforme votre mini-PC en un véritable laboratoire de développement IA, garantissant la confidentialité absolue de vos données et c’est sans doute avec le montage l’approche la plus interessante pour ce Mini PC d’un autre type.
Benchmarks : La puissance brute face aux chiffres
Pour mesurer l’impact réel du passage à l’architecture Blackwell et au connecteur Mind Link PCIe 4.0 x8, nous avons soumis le Khadas Mind Graphics 2 à notre batterie de tests habituelle. Les résultats parlent d’eux-mêmes.
1. Synthétique : 3DMark
Ce test mesure les performances pures en rendu DirectX 12. C’est l’indicateur parfait pour évaluer la puissance de calcul brute.
- Mind Seul (GPU intégré Intel Arc) : ~2 450 points
- Mind Graphics 1 (RTX 4060 Ti) : 13 400 points
- Mind Graphics 2 (RTX 5060 Ti) : 19 850 points
On observe un bond de performances graphiques de près de 48% par rapport à la première génération. L’apport des 16 Go de VRAM et d’un bus mémoire élargi supprime le goulot d’étranglement que l’on ressentait parfois sur la V1.
2. Rendu 3D Professionnel : Blender
Mesure du temps nécessaire (en secondes) pour calculer entièrement une scène 3D complexe (Scène de référence “Monster”). Plus le score est bas, plus le rendu est rapide.
| Configuration | Temps de rendu (secondes) | Gain vs V1 |
| Mind Seul (Intel Arc) | 184 s | – |
| Mind Graphics 1 (RTX 4060 Ti) | 38 s | Référence |
| Mind Graphics 2 (RTX 5060 Ti) | 21 s | ~45% plus rapide |
3. Performances en Jeu (FPS moyens – Résolution 1440p / Graphismes Ultra)
Le jeu vidéo en résolution 2K (2560×1440) est le terrain de jeu idéal pour cette catégorie de GPU, permettant de voir comment la bande passante du Mind Link encaisse la charge.
- Cyberpunk 2077 (Ray Tracing On, DLSS Qualité) :
- Mind Graphics 1 : 52 FPS
- Mind Graphics 2 : 84 FPS (Fluidité parfaite au-dessus de la barre des 60)
- Microsoft Flight Simulator (DLSS 4 / Frame Generation activé) :
- Mind Graphics 1 : 65 FPS
- Mind Graphics 2 : 112 FPS (Le DLSS 4 de l’architecture Blackwell double l’illusion de fluidité)
Ce qu’il faut retenir de ce Benchmark
Ces mesures confirment que le Khadas Mind Graphics 2 ne se contente pas de suivre l’évolution logique des cartes graphiques. L’adoption du protocole PCIe 4.0 x8 via le connecteur propriétaire permet enfin à une carte graphique externe de respirer. Là où un eGPU en Thunderbolt 4 perd généralement 15 à 20% de ses capacités par rapport à un PC fixe, le Mind Graphics 2 délivre plus de 95% de la puissance théorique de la carte de bureau. Cela étant dit, cette station n’est à mon sens pas destinée aux gameurs, mais plutôt aux adeptes du montage vidéo ou graphique exigeant. Bien que les performances soient au rendez-vous, un véritable PC de gameur sera plus adapté. Pour un gameur occasionnel qui aime s’adonner au montage, pourquoi pas. La véritable force de cet écosystème réside dans la mobilité offerte par le Mind.
Conclusion
Ce mini PC qui tient dans la poche peut se désolidariser de la station Graphics 2 en moins de 30 secondes pour continuer à travailler ailleurs, avec moins de puissance graphique mais sans devoir dérancher toute la connectique d’un PC classique et devoir le transporter. C’est un concept à part, unique et original qui marche bien… Si on investit dans la suite de l’écosystème avec le xPlay et une station d’accueil classique.
Mais le Mind Graphics a un coût non négligeable qui, face à des solutions mieux finies comme un Mac Mini, laisse perplexes. Sauf à être allergique à Apple et vouloir absolument travailler sous Windows, le tarif du Mind + la station Graphics 2 est colossal (plus de 2000 €) face à une configuration Mac Mini Pro ou MacBook Pro solide et reconnue dans le monde du graphisme, ce Mind, son concept et sa suite… Bien qu’ingénieux, doit faire face à la réalité.
Cela reste un écosystème puissant et très pratique (quand on dispose de toute la suite). J’avoue que l’utilisation du Mind autour de ces différents supports m’a presque fait aimer de nouveau Windows… Presque !







