Il est dix-neuf heures. Sur la tablette de l’entrée, une maison miniature glisse doucement vers le bleu de la nuit, la lanterne du porche s’allume, et les volets se ferment à l’écran au moment même où ils se ferment dans la vraie vie.

Ce tableau de bord, c’est celui du guide dashboard Home Assistant 3D isométrique, publié il y a quelques semaines. Vous avez été très nombreux à le lire, à regarder la vidéo et à vous lancer à votre tour. Alors, dans ce nouvel épisode de Domotique Chronique, je vous emmène dans les coulisses : la démarche, les choix techniques, les ratés de l’IA et les pièges que le guide écrit ne raconte qu’à moitié.
Pour profiter pleinement de l’épisode, voici ce dont on parle :
- Home Assistant 2026.x, avec la vue en sections ;
- les packages YAML et un template sensor en Jinja2 ;
- la carte picture-elements ;
- un générateur d’images IA (Nano Banana Pro) et un logiciel de retouche à calques (GIMP).
Pourquoi un tableau de bord en 3D ?
Le paradoxe de la bonne domotique
Une bonne domotique se fait oublier : elle allume, éteint, régule et verrouille sans qu’on y pense. Mais on garde quand même besoin d’un point de pilotage central, souvent une tablette murale, pour une action ponctuelle ou un coup d’œil sur l’état de la maison.
Et sur cette tablette, on retrouve presque toujours la même chose : une grille de boutons. C’est efficace, mais on l’utilise sans jamais la regarder.
Le meilleur des deux mondes
L’idée du projet tient en une phrase : ne rien retirer de ce qui fonctionne, et ajouter ce qui manquait.
- Les commandes du quotidien restent dans une colonne, à portée de doigt.
- À côté, une maquette 3D isométrique de la maison raconte son état d’un seul coup d’œil : le moment de la journée, la météo, ce qui est ouvert, ce qui est allumé.
Dans l’épisode, je reviens sur les deux déclics qui ont rendu ce projet possible : la vue en sections de Home Assistant, et les nouveaux générateurs d’images capables de décliner une même maquette en plusieurs ambiances sans changer le cadrage.
La méthode en quatre temps
1. La donnée d’abord
Avant de générer la moindre image, on classe les entités de la maison en trois familles :
- les entités d’ambiance, qui changent tout le décor (soleil, météo) ;
- les entités d’objet, qui ajoutent un élément précis (garages, portail, éclairages) ;
- les entités d’information, qui restent dans des cartes classiques.
C’est cette étape qui révèle le piège de l’explosion combinatoire. Une image par situation, c’est 128 images pour une maison pourtant simple. La solution, que je compare dans l’épisode à un décor de théâtre et ses accessoires : un fond pour le moment et la météo, des calques transparents pour chaque objet. Résultat : 14 images.
2. L’IA fabrique la maquette
Deux astuces font toute la différence :
- la fiche d’identité : on demande d’abord à l’IA de décrire la maison (toit, fenêtres, portes, luminaires), on corrige, et cette fiche devient la référence de toutes les générations ;
- la méthode en étoile : chaque ambiance est générée à partir de la même image de référence, jamais à la chaîne. Sinon, c’est l’effet « photocopie de photocopie », et la maison se décale de quelques pixels à chaque génération.
⚠️ Le point cloud : Nano Banana Pro et ses équivalents sont des services cloud : votre photo part chez Google. Il existe des alternatives locales, mais bien moins performantes. Et surtout : seule la génération des images passe par le cloud. Le tableau de bord, lui, tourne à 100 % en local, avec des images stockées dans /config/www.
3. Les calques, le vrai secret
Dans GIMP, le mode de fusion Différence révèle instantanément ce qui change entre l’image « tout éteint » et l’image « tout allumé ». Dans l’épisode, je le compare à un jeu des sept différences qui se résout tout seul.
La règle d’or : chaque calque est exporté en pleine taille, jamais recadré. Comme les transparents d’un rétroprojecteur, ils tombent tous pile au bon endroit, sans aucune coordonnée à calculer. Dans la carte, chaque calque se pose donc toujours de la même manière.
4. Home Assistant orchestre tout
Tout le code tient dans un package YAML. Le chef d’orchestre est un template sensor qui résume l’état de la maison en un mot-clé, jour_pluie ou nuit_neige par exemple, qui est aussi… le nom de l’image à afficher.
Le piège dont je parle dans l’épisode : l’ordre des conditions. Le template s’arrête à la première condition vraie, il faut donc toujours tester la plus spécifique en premier.
Les limites et les pièges
J’ai tenu à être transparent dans l’épisode, car le résultat est spectaculaire, mais il demande un peu d’investissement :
- la retouche demande un peu de pratique : comptez une soirée pour le premier tableau de bord ;
- l’IA a de l’imagination (une voiture dans l’allée, une cheminée en trop) : les prompts de correction du guide règlent l’essentiel ;
- le cache du navigateur affiche parfois l’ancienne image : ajoutez
?v=2à la fin du chemin ; - le filtre gris : un élément
imagelié à une entité passe en niveaux de gris quand elle vautoff. Une lignefilter: nonesuffit.
Vos réalisations… et la suite
Ce qui m’a le plus touché, ce sont vos maisons en 3D. Façades, jardins, piscines : certains d’entre vous se sont lancés dès le premier soir.
De mon côté, la tablette affiche désormais cinq tableaux de bord 3D : la maison, la piscine, le local technique solaire, la chaufferie et, bien sûr, le domo-lab. Et la suite se prépare déjà : les tableaux de bord par pièce, pour entrer à l’intérieur de la maquette, une approche idéale aussi en appartement.
Toutes les ressources de l’épisode
- 📖 Le guide complet, pas à pas à lire sans plus attendre ici.
- 📊 L’outil tableur de conception GRATUIT pour bien conduire votre projet disponible ici.
- 📦 Le pack complet (maison de démo, package YAML avec mode démo, prompts) disponible ici.
- 🎬 La vidéo YouTube du guide pour en savoir plus à voir dès maintenant.
- 📱 Le Short « 5 dashboards 3D de jour comme de nuit »
- 🧩 Organiser sa configuration avec les packages YAML : lien vers l’article packages YAML
- 📟 La tablette murale utilisée : lien vers le test de la tablette
L’intro de cet épisode est un clin d’œil assumé à « L’Empire du côté obscur » d’IAM. Les connaisseurs apprécieront.
Conclusion
Ce projet résume bien ce que j’aime dans la domotique : partir d’une frustration du quotidien, la grille de boutons, et construire une solution locale, ouverte et personnelle, qui rend la maison plus lisible… et plus belle.

Écoutez l’épisode, puis dites-moi sur les réseaux quel espace vous transformeriez en 3D en premier : la façade, le jardin, la piscine, une pièce ? Et si vous vous êtes déjà lancé, partagez vos réalisations avec le hashtag #MaMaisonEn3D : je repartagerai les plus belles.
Bonne écoute !







