La gestion de l’énergie est plus que jamais au centre de nos préoccupations domotiques. Avant l’été, GCE Electronics a lancé la 3ème version de son célèbre gestionnaire d’énergie : l’Ecodevices 3. Si les précédentes itérations avaient déjà fait leurs preuves, cette nouvelle mouture apporte un changement de taille qui a immédiatement retenu mon attention : l’intégration native de MQTT.
Idéal pour concevoir un écosystème 100% local, sans aucune dépendance au cloud, ce module s’annonce comme le centre névralgique de la gestion énergétique de la maison. Mais que vaut-il vraiment une fois interfacé avec Home Assistant ? C’est ce que nous allons voir dans ce test.
Un hub énergétique complet au format rail DIN
Sur le papier, l’Ecodevices v3 est un véritable monstre de polyvalence. Ce module 100 % autonome vient prendre place directement dans votre tableau électrique. Attention toutefois, avec un encombrement de 6 modules DIN, il faudra s’assurer d’avoir un peu de place sur vos rails. Si votre tableau principal est saturé, lui dédier un petit tableau divisionnaire juste sous le compteur est une excellente alternative.

GCE Electronics n’a pas lésiné sur la connectique pour surveiller les moindres recoins de votre consommation :
- 1 entrée Téléinfo (TIC) compatible Linky pour le suivi global.
- 8 entrées tores pour surveiller des circuits spécifiques avec détection du sens du courant.
- 4 entrées digitales (impulsionnelles) parfaites pour y greffer un compteur d’eau ou un compteur Gazpar.
- 2 sorties relais pour le pilotage (délestage, chauffe-eau, etc.).
Cette profusion d’entrées permet de centraliser absolument toutes les énergies de la maison sur un seul et même équipement.

Interface et configuration : Le pari gagnant de MQTT
L’interface web embarquée de l’Ecodevices v3 fait le job, mais elle s’avère un peu brouillonne. Elle mériterait d’être simplifiée et modernisée tant sur la phase de configuration que sur l’exploitation quotidienne.

Cependant, ce n’est absolument pas un problème. Pourquoi ? Parce qu’une fois lié à votre broker MQTT, vous n’aurez plus vraiment besoin d’y mettre les pieds. Perso, je n’ouvre jamais cette page sauf pour effectuer des configurations ou MAJ…
L’intégration à MQTT est la véritable “killer feature” de cette v3, permettant d’extraire les données pour les exploiter dans un système tiers. La configuration est d’une simplicité enfantine. Comme sur tout système MQTT standard, il suffit de renseigner :
- L’adresse IP de votre broker (Mosquitto par exemple).
- Le port (le port MQTT par défaut).
- Vos identifiants de connexion.
- Un “Topic” racine pour classer les données.
- Un ID client.

Le plan est simple : l’Ecodevices v3 se charge de faire ce qu’il maîtrise le mieux (collecter les informations matérielles des compteurs avec fiabilité), puis déverse le tout dans MQTT.
Une fois la configuration sauvegardée et le module redémarré, un petit tour sur MQTT Explorer permet de confirmer que le topic Ecodevices est bien là, regorgeant des données de vos compteurs.

Seul petit bémol : les données y sont envoyées de manière brute, “à l’ancienne”. On aurait largement préféré un format structuré en JSON pour simplifier le parsing, mais cela n’a rien de dramatique pour la suite.
Intégration sous Home Assistant : La puissance du YAML
Passons à l’exploitation sous Home Assistant. Puisque les données sont poussées en vrac sur le broker, c’est du côté de Home Assistant qu’il va falloir faire le tri.
L’approche la plus propre consiste à créer un nouveau fichier de Package YAML. À l’intérieur, on va définir les différents mqtt sensors qui viendront écouter les valeurs des topics spécifiques pour les interpréter et les formater correctement (unités de mesure, classes d’appareils, etc.).

Une fois vos entités créées et remontées dans Home Assistant, il ne reste plus qu’à assigner les entités TIC et les compteurs aux différents postes de votre Tableau de bord Énergie.

Après quelques heures de collecte, le dashboard prend vie et reflète avec une précision chirurgicale la dynamique énergétique de votre domicile.

Le verdict : Faut-il craquer pour l’Ecodevices 3 ?
Affiché à un peu moins de 300 €, le tarif de l’Ecodevices 3 représente un investissement conséquent par rapport à d’autres solution dédiées à la TIC.
Si votre objectif est uniquement d’exploiter la téléinfo (TIC) de votre Linky, cet achat est excessif. Un simple module ESP32 (avec ESPHome) fera exactement le même travail, en local, pour quelques dizaines d’euros seulement.
En revanche, si vous avez des besoins avancés, cet appareil prend tout son sens. Si vous souhaitez exploiter la téléinfo, surveiller 8 circuits spécifiques via les tores, et remonter la consommation de votre compteur d’eau et de votre Gazpar simultanément, l’Ecodevices v3 s’impose naturellement comme un client de choix. Il devient alors le centre névralgique ultra-fiable des énergies de la maison. Interfacé avec MQTT, c’est une petite merveille qui ravira les amateurs d’infrastructures locales et résilientes.
Notez quelques instabilités, améliorées avec la dernière MAJ mais encore présentes (même si moins souvent). Dans l’attente d’une version corrective complète, un simple monitoring sous Home Assistant pour relancer l’alimentation de l’Ecodevice quand il plante permet de contourner automatiquement le problème. Outre ce petit souci occasionnel, l’Ecodevice v3 est un excellent gestionnaire multi-énergie interfacé à la domotique.







