Vous comptiez sur le Raspberry Pi 6 pour faire tourner votre Home Assistant dopé à l’IA ? Pas de sortie avant 2028 et probablement sans NPU. Aujourd’hui, je vous propose le décryptage de la récente annonce et l’analyse des alternatives possibles.
Le Raspberry Pi est, depuis des années, le cœur battant de nombreuses installations domotiques. Ce n’est pas à la rédaction que nous allons vous dire le contraire puisque le Raspberry Pi a été pendant des années le centre de nombreux projets au domo-lab. Que l’on tourne sous Home Assistant, Jeedom ou autre, c’est souvent la porte d’entrée incontournable et économique. Pourtant, selon de récentes informations relayées suite à une session de questions-réponses animée par Eben Upton et les ingénieurs de la fondation, le Raspberry Pi 6 ne sera pas sous notre sapin cette année et probablement pas non plus l’année prochaine…
Un calendrier repoussé : Horizon 2028 minimum
Historiquement, la fondation nous avait habitués à un rythme de renouvellement de 3 à 4 ans. Le RPi 4 étant sorti en 2019 et le RPi 5 après des pénuries historiques en 2023, il ne faut logiquement pas espérer un Raspberry Pi 6 avant au moins 2028. L’équipe a d’abord besoin de stabiliser l’offre actuelle et d’améliorer continuellement sa chaîne d’approvisionnement. Mais depuis la crise Covid-19, la situation est instable et le contexte actuel vient reboulverser un marché fragile qui tendait à se stabiliser.
Pour nous, bidouilleurs et amoureux en projets domotique DIY, cela signifie une chose : notre infrastructure matérielle domotique actuelle va devoir tenir la distance pour évoluer, ou migrer vers autre chose.
Pas de puce IA (NPU) intégrée : Un frein pour la maison connectée ?
L’autre révélation majeure qui ressort de cette discussion concerne l’absence probable d’un NPU (Neural Processing Unit) natif sur la future carte de la fondation. À l’heure où nous cherchons tous à intégrer l’Intelligence Artificielle à nos maisons, on pense bien sûr aux modèles comme Google Gemini ou Claude AI pour une gestion et des automatisations avancées ou de l’analyse d’images de nos caméras par la domotique, on aurait pu rêver d’une accélération matérielle embarquée directement sur le silicium du Raspberry Pi pour cette futur génération.
Est-ce dramatique ? Pas vraiment. Sous Home Assistant, il sera toujours possible d’utiliser une clé externe type Google Coral TPU pour l’inférence locale, ou de s’appuyer sur des appels d’API vers le cloud pour interagir avec les LLM les plus lourds, mais sur un marché à forte concurrence autour de l’IA, il se pourrait bien que ce soit un argument de plus pour les utilisateurs d’envisager un autre support que le Raspberry Pi pour les projets domotiques.
Microcontrôleurs et IoT : La véritable tendance
Si les nano-ordinateurs classiques stagnent un peu, la fondation se félicite en revanche du succès monstre de ses microcontrôleurs. Les ventes de la gamme Pico ont d’ailleurs surpassé celles des Raspberry Pi traditionnels ! Pour ceux qui fabriquent leurs propres capteurs ou modules d’extension sur des protocoles sans fil (Zigbee, Z-Wave, Matter), c’est une excellente dynamique. Un “Pi Zero 3” est également dans les cartons de la fondation, ce qui promet de beaux projets de nœuds domotiques décentralisés et ultra-compacts et ce sera probablement plus sur ce nouveau Pi Zero qu’il faudra le plus compter en domotique.
Quelles alternatives pour muscler votre domotique dès aujourd’hui ?
Puisque le Raspberry Pi 6 se fait attendre, c’est peut-être le moment idéal pour repenser l’architecture de votre installation. Plutôt que de rester limité par les performances d’une carte ARM, d’autres solutions plus robustes s’offrent à nous et s’articulent autour du Mini PC. Plus puissant et plus polyvalent, associé à de la virtualisation Proxmox, le Mini PC est une véritable alternative viable et fiable au Raspberry Pi en 2026 :
- La puissance du Mini-PC : Si votre réseau commence à se complexifier (multiplication des brokers, lourdes bases de données, containers Docker), il est temps de passer à des machines x86. Des stations de travail compactes (comme la gamme Khadas Mind) ou d’autres mini-PC offrent des performances brutes qui transforment radicalement l’expérience et la réactivité de Home Assistant.
- La virtualisation et la haute disponibilité : Pourquoi mettre tous ses œufs dans le même panier ? Sur le blog, on aime repousser les limites de la fiabilité. En basculant votre système sur un cluster Proxmox (avec, par exemple, la configuration d’une IP flottante via Keepalived), vous vous assurez que votre chauffage ou votre système de sécurité ne tomberont jamais en panne, même si un nœud physique lâche.
En conclusion
Le Raspberry Pi 5 a encore de beaux jours devant lui et demeure un outil de découverte fantastique. Le Raspberry Pi 4 aussi, puisque la fondation vient justement de lancer une nouvelle version du RPi4 face à la tension sur le secteur de la RAM. Mais pour les utilisateurs qui gèrent un réseau de dizaines d’équipements, attendre 2028 n’a aucun sens quand le marché regorge de solutions x86 abordables taillées pour la virtualisation et l’IA.
Nous avons démontré dans une série de guides sur Proxmox que la domotique Home Assistant, virtualisée sur un cluster Proxmox, permet une puissance et une haute disponibilité impossibles avec une Raspberry Pi. C’est pourquoi cette nouvelle attente pour une version 6 n’est finalement pas une fatalité et permet de faire cette transition vers le Mini PC. La migration de la domotique Home Assistant vers un Mini PC est hyper simple. Nous avons justement un guide pour vous accompagner sans prise de tête, vous ne perdez rien de votre configuration domotique.
Notre sélection de Mini PC pour remplacer le Raspberry Pi







