Accueil » Domotique » Actu domotique » Home Assistant 2026.11 : faites votre marché, excluez l’intrus et découvrez enfin qui a allumé la lumière !
Actu domotique

Home Assistant 2026.11 : faites votre marché, excluez l’intrus et découvrez enfin qui a allumé la lumière !

home-assistant-analyse-details-maj-2026-11

Les vacances de la Toussaint à peine bouclées, voilà que Home Assistant nous livre sa version de novembre, la 2026.11. Et cette fois, impossible de parler de mise à jour discrète ! Le Marketplace, héritier de HACS, s’installe officiellement dans vos paramètres, les automatisations apprennent enfin à faire des exceptions, le nommage des entités vit sa plus grande révolution depuis des années, et une vraie boîte à outils de diagnostic débarque pour répondre à la question qui hante toutes les maisons connectées : mais qui a allumé cette lumière ? Ajoutez à cela des caméras Matter qui parlent et un stockage local USB pour vos sauvegardes… On fait le tour du propriétaire.

💡 Pas le temps de tout lire maintenant ? Je vous explique l’essentiel de cette mise à jour en 5 minutes chrono dans un épisode de 5 Minutes Domo, à écouter dans la voiture, en cuisine ou entre deux redémarrages de votre serveur.

Le Marketplace ouvre ses portes : HACS prend la nationalité Home Assistant

Je vous en parlais la semaine dernière, c’est désormais officiel : HACS quitte le statut d’extension à installer soi-même pour devenir le Marketplace, intégré nativement à Home Assistant. Je ne vais pas refaire l’historique ni la philosophie du projet, tout est déjà détaillé dans notre article dédié. Place au concret, maintenant que l’on peut enfin mettre les mains dedans.

HACS-evolue-integration-native-home-assistant-2026-novembre

HACS Intègre Officiellement Home Assistant : Tout Savoir sur le Nouveau “Marketplace”

Clap de fin pour l’installation manuelle du Home Assistant Community Store (HACS) ! Dès la prochaine mise à jour 2026.11 de novembre, le célèbre HACS (prononcé “AXE”), deviendra une fonctionnalité native et se métamorphose en “Marketplace” officiel. Cette intégration marque…


Une installation qui saute enfin les étapes inutiles

Le Marketplace se trouve directement dans Paramètres > Marketplace, entre les applications et les tableaux de bord. Plus rien à configurer, aucun compte GitHub à lier pour installer ou mettre à jour un projet, et ça fonctionne aussi bien sur Home Assistant OS que sur une installation Container, sans aller décompresser une archive à la main dans custom_components. Notre bon vieux guide qui vous a aidé à mettre en place HACS sur votre domotique jusque-ici prend sa retraite !

Mais le vrai changement, c’est le parcours d’installation d’une intégration. Avec HACS, c’était le marathon : ajouter le depot, télécharger, redémarrer, filer dans Appareils et services, rechercher l’intégration une seconde fois, puis la configurer. Désormais, un clic sur Installer et vous atterrissez directement dans l’assistant de configuration, sans redémarrage. Que du bonheur !

Le Marketplace s’installe dans les Paramètres, sans rien à configurer – © domo-blog

Seules les mises à jour réclament encore un redémarrage, et c’est une réparation qui vous le signale… en vous proposant de le lancer elle-même.

Des fiches projet qui aident à choisir

Chaque fiche ne se contente plus d’afficher le README. On y trouve le nombre de téléchargements, les étoiles GitHub, les tickets ouverts, la date de dernière modification et surtout la version minimale de Home Assistant requise. De quoi juger la santé d’un projet avant de lui confier une place dans votre installation. Et chaque projet installé dispose de sa propre entité de mise à jour, qui remonte dans Paramètres > Mises à jour, à côté de celles du cœur de Home Assistant.

Téléchargements, étoiles, version requise : des fiches claires et detaillées – © domo-blog

Un avertissement qui n’est pas qu’une formalité

À la première ouverture, un écran rappelle que tout ce que propose le Marketplace est communautaire : ni testé, ni audité, ni supporté par le projet Home Assistant, et exécuté au cœur de votre installation. Vous pouvez parcourir le catalogue librement, mais l’installation reste bloquée tant que vous n’avez pas coché la case d’acceptation des risques. Personnellement, je trouve ce garde-fou salutaire : une intégration custom peut communiquer avec Internet, partager vos données ou ralentir le système. Mon conseil reste le même qu’à l’époque de HACS : on teste d’abord sur une instance de staging, et on ne garde en production que ce qui est maintenu.

La case à cocher la plus importante du mois – © domo-blog

Les petits plus du quotidien

  • Regroupement des listes Parcourir et Installés par statut, type ou source, mémorisé d’une visite à l’autre.
  • Filtre par source, pour distinguer le catalogue communautaire de vos dépôts personnels.
  • Désinstallation groupée depuis l’onglet Installés : idéal pour faire le ménage dans les cartes oubliées.
  • Mises à jour ignorées qui ne polluent plus le compteur ni le haut de la liste, jusqu’à la version suivante.
  • Recherche, filtres et tri conservés dans l’URL : pratique pour partager une vue précise.
Enfin un peu d’ordre dans ses cartes custom – © domo-blog

Dépôts personnalisés et migration

Un projet absent du catalogue ? Le bouton Ajouter depuis un lien accepte l’URL de son dépôt, qui rejoint alors la page Dépôts personnalisés, tout comme avant. Seule cette fonction exige une connexion GitHub, via une autorisation par code sur GitHub : aucun mot de passe saisi dans Home Assistant, et un accès limité aux informations publiques.

Si vous utilisez HACS aujourd’hui, vous n’avez rien à faire : la migration s’effectue au premier démarrage après la mise à jour. Intégrations, cartes, dépôts personnalisés et entités de mise à jour sont conservés, et vos anciens favoris vers HACS ouvrent désormais le Marketplace. En revanche, l’installeur HACS refuse de fonctionner à partir de la 2026.11 et l’ancien HACS ne recevra plus de nouvelles versions. Dernier réflexe à changer : un bug se signale maintenant sur le suivi de tickets de Home Assistant, plus sur le dépôt HACS.

Nommez une fois, Home Assistant s’occupe du reste

Alors ça c’est sans doute la nouveauté la moins spectaculaire de cette MAJ (À première vue), parce que en réalité, c’est celle qui impactera le plus d’installations (en bien). Après plus de quatre ans de travail et quelques tentatives, Home Assistant revoit enfin totalement et efficacement la façon dont il compose le nom de vos entités. Fini les conventions maison à rallonge du type « Salon Thermostat Température » qu’il fallait maintenir à la main : l’entité porte un nom court, et Home Assistant ajoute le contexte quand il est utile. C’est sur ce point d’evaluation dynamique et intelligente que cette nouvelle feature et aussi surprenante qu’utile.

Le principe : l’entité, l’appareil, la pièce

Vous appelez votre entité « Température ». Home Assistant sait qu’elle appartient au « Thermostat », lui-même rangé dans la « Chambre ». Par défaut, il affiche donc « Thermostat Température », et une carte peut aller jusqu’à « Chambre Thermostat Température » si vous le souhaitez. Renommez l’appareil, et toutes ses entités suivent. Ce même schéma s’applique partout : tableaux de bord, paramètres, journal d’activité, réglages des assistants vocaux et applications mobiles.

Quelques règles à connaître :

  • Renommer une entité ne renomme qu’elle. Pour changer le nom de l’appareil, c’est l’appareil qu’il faut renommer.
  • Entité principale de l’appareil : cette nouvelle option, dans les réglages d’une entité, lui fait porter directement le nom et la pièce de son appareil. Parfait pour une prise connectée ou une ampoule, où l’entité est l’appareil.
  • Appareils enfants : une multiprise ou un module multicanal se découpe désormais en un appareil par sortie, chacun avec son nom et sa pièce, hérités du parent tant que vous ne les modifiez pas. Tuya ouvre le bal avec ses interrupteurs multicanaux, et Z-Wave suit pour ses modules multi-endpoints.
  • Vos noms personnalisés sont migrés. Et si le nom affiché change, l’ancien est conservé comme alias pour les assistants vocaux : « allume le plafonnier » continue de fonctionner.

Ce qui ne bouge pas, et c’est essentiel : les entity_id. Vos automatisations, scripts et tableaux de bord continuent de fonctionner.

Un interrupteur pour mettre fin à des années de débats sur le nommage – © domo-blog

Attention aux tableaux de bord et aux templates

Soyons clairs, l’équipe l’assume elle-même : c’est un changement qui a ses petits effets de bord. Les cartes, badges et lignes sans nom défini afficheront désormais « nom de l’appareil + nom de l’entité » au lieu de l’ancien friendly_name. Sur une tablette murale soigneusement calibrée, attendez-vous à quelques libellés plus longs.

Pour y remédier, vous avez trois solutions : renommer l’appareil ou l’entité, activer Entité principale de l’appareil, ou fixer un nom directement sur la carte. Côté cartes custom, l’équipe a contacté les créateurs des plus populaires : mettez-les à jour avant de crier au bug.

Attention , pour les adeptes du Jinja2, l’attribut friendly_name est promis à la dépréciation. Prenez dès maintenant l’habitude des nouvelles fonctions dédiées :

{# Nom complet sans passer par friendly_name : "Chambre Thermostat Température" #}
{% set capteur = 'sensor.thermostat_temperature' %}
{{ area_name(capteur) }} {{ device_name(capteur) }} {{ entity_name(capteur) }}

C’est un chantier ingrat mais indispensable. Une maison qui grandit à 300 ou 400 entités devient vite illisible, et ne plus avoir à inventer et gérer une stratégie de convention de nommage est une vraie victoire. Prévoyez simplement un petit quart d’heure après la mise à jour pour repasser sur vos tableaux de bord et voir les quelques dérapages a corriger.

Automatisations : l’exception à la regle

Tout le rez-de-chaussée… sauf la cuisine

Les nouveaux ciblages dynamiques sont l’un des meilleurs atouts des automatisations : visez une pièce, un étage ou une étiquette, et Home Assistant retrouve tout seul les entités concernées, y compris celles ajoutées plus tard. Seul hic jusqu’ici : impossible d’en écarter une. Vouloir allumer tout le rez-de-chaussée sauf la cuisine obligeait à lister chaque lampe à la main… et à perdre tout l’intérêt de la cible intelligente.

La 2026.11 règle enfin ce problème. Dans un déclencheur, une condition ou une action, un bouton Exclure une cible apparaît à côté de Ajouter une cible. Vous pouvez aussi ouvrir le détail d’une cible et décocher simplement les éléments à écarter. Chaque exclusion s’affiche sous la cible concernée, avec le nombre d’entités retirées, et celles qui ne servent à rien sont regroupées à part pour faire le ménage.

Le meilleur, c’est que l’exclusion reste aussi dynamique que la cible : elle est recalculée à chaque exécution. Vous ajoutez une nouvelle lampe dans la cuisine le mois prochain ? Elle sera écartée d’office, sans retoucher l’automatisation. Et en YAML, il suffit d’ajouter un bloc exclude qui reprend les mêmes clés que la cible.

Décochez, c’est exclu, et ça le reste – © domo-blog

L’edition des automatisationd toujours plus confortable

L’éditeur d’automatisations profite aussi d’une série de petites attentions :

  • Remplacer un déclencheur, une condition ou une action par un autre au même endroit, en conservant les réglages compatibles. Fini le « supprimer, recréer, reconfigurer ».
  • N’est pas sur le déclencheur d’état : réagir quand une entité passe à n’importe quelle valeur sauf une, sans YAML.
  • Récemment utilisés en tête de liste, cibles comprises.
  • Personnes dans le sélecteur, à côté de l’heure et du soleil, pour les scénarios de retour à la maison.
  • Annuler après un couper malencontreux.
  • Modifier l’ID d’un déclencheur directement depuis son menu.

Ce dernier point me fait sourire : le mois dernier, je saluais la gestion automatique des Trigger IDs par l’éditeur visuel. La possibilité de les éditer à la main revient, et c’est tant mieux pour ceux qui, comme moi, aiment des identifiants parlants dans leurs blocs de choix. Si vous ne maîtrisez pas encore cette technique de fusion d’automatisations, foncez lire le tuto !

home-assistant-guide-trigger-automatisation-id-declencheurs

Simplifiez et fusionnez vos automatisations Home Assistant avec les triggers ID

Vous les utilisez peut-être déjà ou les avez déjà remarqué dans un de nos précédents guide Home Assistant comme celui sur la machine à laver par exemple, mais ne savez pas réellement ce qu’ils apportent ou comment les utiliser, je…


Mais qui a allumé cette lumière ? Le débogage passe un cap

Une lampe s’allume en pleine nuit, personne n’y a touché, et vous voilà parti pour une enquête digne d’un polar. Cette release regroupe une série d’outils qui répondent tous à la même question : pourquoi ça s’est passé ? Et c’est clairement la partie qui me parle le plus ce mois-ci.

Sinon il y a l’IA pour chercher a votre place ! En connectant Claude à Home Assistant, Claude peut trouver le coupable pour vous !

Le filtre « Déclenché par » dans l’Activité

Le panneau Activité gagne un filtre qui trie les événements selon leur origine : une personne, une automatisation ou un script, ou une intégration comme HomeKit ou Google Assistant. Les comptes techniques qui n’appartiennent à personne, celui de Node-RED par exemple, sont rangés côté intégrations. En deux clics, on sait si le coupable est un humain, un scénario ou un service tiers.

Des traces qui se suivent enfin

Quand une automatisation appelle un script, ou qu’un script en appelle un autre, l’étape correspondante de la trace propose désormais un lien direct vers la bonne exécution. Avant, il fallait la retrouver soi-même en comparant les horodatages… Ça fonctionne dans tous les sens, à chaque itération d’une boucle repeat, et le bouton retour du navigateur vous ramène à la trace précédente. Couplé à la refonte de l’historique d’exécution du mois dernier, le débogage devient franchement agréable.

Des logs en direct, intégration par intégration

Quand le mode débogage est actif sur une intégration, son bandeau propose maintenant un bouton Afficher les logs. Il ouvre une fenêtre qui ne montre que les lignes de cette intégration et de ses bibliothèques, d’abord l’historique depuis le démarrage, puis le flux en temps réel. Recherche, retour à la ligne et téléchargement sont de la partie. Idéal pour reproduire un souci de capteur Zigbee capricieux sans se noyer dans le log complet.

La page Paramètres > Système > Journaux suit le mouvement : filtre par une ou plusieurs intégrations, recherche dans les logs bruts avec trois lignes de contexte autour de chaque résultat, et un état conservé dans l’URL pour mettre la vue en favori.

Filtrage sur une intégration pour identifer rapidement le probleme – © domo-blog

Supprimer une valeur aberrante sans tout perdre

Une sonde qui affiche 85 °C dans le salon pendant une seconde, et c’est tout le graphique qui est écrasé pour des mois. Jusqu’ici, la seule solution pour une statistique de température était de supprimer toute la statistique, historique compris. Dans Paramètres > Outils > Statistiques, vous pouvez désormais supprimer une plage horaire précise, avec un aperçu des données avant validation. Tout le reste est préservé. Un vrai soulagement pour les amateurs de courbes propres !

Screenshot

Zoom sur les graphiques et historique des actions

Les graphiques temporels se zooment maintenant d’un simple glisser, avec une barre de défilement pour ajuster la plage. Sur la page Historique, une seule barre pilote tous les graphiques à la fois, idéal pour croiser plusieurs capteurs sur le même instant.

Enfin, Outils accueille un onglet Historique des actions qui liste chaque action appelée : la cible, la cause, l’utilisateur, le contexte et les données envoyées, copiables en YAML d’un clic, avec un lien vers la trace quand elle existe. Pour comprendre qui a appelé light.turn_on à 3 h du matin, difficile de faire plus direct.

Petit bonus pour finir : un nouveau déclencheur se lance une fois Home Assistant redémarré après une mise à jour, en indiquant la version de départ et d’arrivée. Il ignore les redémarrages classiques. Parfait pour recevoir une notification de contrôle ou relancer un script de vérification après chaque MAJ.

Des tableaux de bord qui se remplissent tout seuls

Le mois dernier, les cartes apprenaient à n’apparaître qu’au bon moment. En novembre, ce sont les sections entières qui deviennent autonomes.

Les sections automatiques

Une section de tableau de bord, c’est d’habitude une liste de cartes composée à la main. Vous ajoutez une lampe dans le salon ? À vous de penser à ajouter sa carte. Les sections automatiques choisissent leurs cartes elles-mêmes et se tiennent à jour quand des appareils ou entités arrivent ou disparaissent.

À la création d’une section, Home Assistant demande désormais ce que vous voulez : une section manuelle, une section automatique, ou celle que vous venez de copier. Trois modèles automatiques sont proposés, chacun avec un aperçu en direct :

  • Contrôles fréquents : les entités que vous utilisez le plus, comme sur le tableau de bord Aperçu.
  • Appareil (nouveau) : toutes les entités d’un appareil, en tuiles ou en carte entités, regroupées par catégorie, avec le nom, la pièce et le niveau de batterie en en-tête.
  • Entités (nouveau) : toutes les entités d’un type donné (lumières, batteries…) dans les pièces, étages, appareils ou étiquettes de votre choix. Exclusions comprises, bien sûr.

Une nouvelle lampe au rez-de-chaussée apparaît d’elle-même dans votre section « Lumières du RDC ». Besoin de reprendre la main ? Convertir en section manuelle fige les cartes pour les éditer une à une. Et depuis la page d’un appareil, le menu Ajouter à… > Ajouter à un tableau de bord crée directement la section ou la carte correspondante.

Des sections qui se mettent à jour pendant que vous dormez – © domo-blog

Copier, couper, coller des sections

En mode édition, une section se copie ou se coupe désormais pour être collée ailleurs, y compris dans une autre vue ou un autre tableau de bord. Fini les glisser-déposer laborieux sur toute la largeur de l’écran pour réorganiser une tablette murale.

Nouvelles cartes et tuiles lumière colorées

  • Carte Date : la date du jour dans le format de votre choix, parfaite en tête de tableau de bord mural.
  • Badge Alerte : l’état d’une entité sur fond coloré, avec une option de pulsation. Idéal pour une porte de garage restée ouverte.
  • Carte Alerte : elle obtient enfin un éditeur visuel, avec des couleurs distinctes pour l’état d’alerte et l’état normal.
  • Carte Capteur : une couleur personnalisée qui teinte à la fois l’icône et le graphique.
  • Consigne de température : au choix, des boutons plus/moins ou un slider.
  • Tuiles lumière : un bandeau de teinte et, en option, un slider de saturation, qui s’estompent quand la lampe est éteinte.

Cette dernière nouveauté va ravir les utilisateurs Philips Hue : régler une ambiance colorée sans ouvrir la fenêtre de détail, c’est exactement ce qui manquait aux tuiles.

Les caméras entrent dans la danse Matter… et prennent la parole

Les caméras Matter 1.5

Avec la version 1.5 du standard, les caméras font officiellement leur entrée dans l’univers Matter, et Home Assistant les prend déjà en charge. Une caméra Matter apparaît comme une entité caméra classique, avec flux vidéo et captures. Le direct transite en WebRTC, directement entre votre navigateur et la caméra, sans détour par un serveur tiers. L’entité reflète aussi l’état du mode confidentialité de l’appareil. Seul prérequis : un serveur Matter suffisamment récent, faute de quoi les caméras ne seront tout simplement pas découvertes.

C’est une excellente nouvelle pour l’interopérabilité. La vidéo restait le dernier bastion des écosystèmes fermés et des applications propriétaires : voir arriver un standard commun, local par conception, change la donne pour qui veut une vidéosurveillance sans cloud. Reste à voir quels fabricants joueront le jeu, et à quel rythme.

L’audio bidirectionnel en preview

Cerise sur le gâteau, les caméras gagnent la parole. La fonctionnalité Audio bidirectionnel, à activer dans Paramètres > Système > Labs, ajoute un bouton micro sur le flux en direct pour parler à la personne devant votre caméra ou votre sonnette. Elle fonctionne pour l’instant avec les caméras Matter et Reolink, ces dernières devant obligatoirement utiliser le flux RTSP (le RTMP et le FLV ne savent pas renvoyer l’audio).

Point d’attention : les navigateurs n’autorisent le micro qu’en connexion sécurisée. Il faut donc accéder à Home Assistant en HTTPS. Pas besoin de passer par l’abonnement Home Assistant Link pour autant : un reverse proxy local avec votre propre certificat fait parfaitement l’affaire. Le support dans les applications mobiles en HTTP est en préparation.

Infra locale, protocoles et IA : le cœur technique de la release

Sauvegardes et médias sur disque local

Jusqu’ici, pour sortir vos sauvegardes du disque système, il fallait passer par un stockage réseau. Désormais, Paramètres > Système > Stockage > Ajouter un stockage propose le type Disque local : un SSD interne secondaire ou une clé USB, pour les sauvegardes, les médias ou les fichiers partagés. Home Assistant identifie le disque par son système de fichiers, il le retrouve donc après un redémarrage même si le nom du périphérique change, et une réparation vous alerte en cas de déconnexion. Le disque doit simplement être formaté au préalable.

Les sauvegardes progressent aussi : la restauration ne crée plus de copie temporaire complète (gain de place et de temps, surtout depuis un NAS), la barre de progression suit les envois vers SFTP, Synology DSM, Dropbox ou Backblaze B2, et un nouveau capteur indique la taille de la dernière sauvegarde automatique réussie. De quoi créer une alerte si elle double ou s’effondre soudainement, signe qu’un dossier a été oublié… ou qu’une base de données a explosé. Sur mon Dark-Cluster Proxmox, c’est typiquement le genre de capteur que je vais brancher sur une notification dès le jour J.

Zigbee Green Power arrive dans ZHA

L’intégration ZHA prend enfin en charge le Zigbee Green Power, ces appareils sans pile qui tirent leur énergie de l’appui sur le bouton ou de la lumière ambiante. Les interrupteurs Friends of Hue en sont l’exemple le plus connu, et ils étaient jusqu’ici ignorés par ZHA. L’interface s’adapte à leurs spécificités : identifiant Source ID affiché, options non pertinentes masquées, et pas de lien vers un parent dans la carte du réseau. Les utilisateurs de Zigbee2MQTT, qui en profitaient déjà, n’y verront pas de révolution, mais l’écart entre les deux solutions continue de se réduire.

En bref : LoRaWAN fait son entrée

Home Assistant parle désormais LoRaWAN, le protocole longue portée et basse consommation taillé pour les capteurs installés au fond du jardin, dans un abri ou un champ. Il suffit de connecter son serveur réseau, ChirpStack (auto-hébergeable) ou The Things Network, et les capteurs compatibles comme les SenseCAP sont proposés automatiquement. Une page dédiée dans Paramètres > Connectivité affiche les connexions, les appareils et même une carte des passerelles qui reçoivent chaque capteur. Un sujet de niche aujourd’hui, mais à suivre de près pour les grands terrains.

IA : l’assistant passe de la lecture à l’action

Le mois dernier, Home Assistant intégrait nativement un serveur MCP. En novembre, l’API LLM franchit un pas de plus : un assistant compatible peut consulter les informations système, lire le journal système, rechercher les actions disponibles et les exécuter, lister les intégrations et en recharger une. Autrement dit, l’IA ne se contente plus d’observer votre installation, elle peut la manipuler.

Bonne nouvelle, les garde-fous suivent : le serveur MCP peut être restreint aux seuls outils en lecture seule, et une conversation IA ne peut plus être reprise que par l’utilisateur qui l’a lancée. Ma position ne change pas : donner les clés d’une instance de production à une IA hébergée dans le cloud reste à manier avec prudence. Sur une instance de staging, en revanche, laisser Claude diagnostiquer une erreur à partir des logs puis proposer le correctif, c’est redoutablement efficace. Et si vous voulez rester 100 % local, rien ne vous empêche de brancher un modèle auto-hébergé sur le même serveur MCP.

home-assistant-mcp-ia-claude-pilotage-intelligent-configuration-domotique

Guide Home Assistant MCP : Fini les prises de tête laissez Claude IA configurer et gérer votre domotique pour vous

Je ne cesse de le dire, mais l’année 2026 marque clairement un tournant pour la domotique. Nous ne nous contentons plus de “discuter” avec notre maison, nous lui donnons un cerveau capable d’agir de manière autonome et contextuelle. Si vous…


Le tour des intégrations

Parmi les 38 nouvelles intégrations, voici celles qui ont retenu mon attention :

  • Flic Button : appairage direct en Bluetooth des Flic 2, Duo et Twist, sans compte. Le Twist remonte même sa rotation.
  • HP Printer : niveaux d’encre, compteurs de pages et alerte avant cartouche vide, en local.
  • BLUETTI Modbus : les stations électriques BLUETTI en Modbus TCP, sans compte ni cloud. Parfait pour superviser une batterie de secours.
  • Seafile : statistiques de vos bibliothèques et nouvelle destination de sauvegarde pour les adeptes de l’auto-hébergement.
  • OKOK Scale : les balances Bluetooth OKOK, directement au niveau platine de qualité, sans l’application cloud.
  • Debug console : une console Python au cœur de Home Assistant, à activer en YAML et à réserver aux développeurs avertis.
  • ☁️ Cloud requis pour Škoda (Škoda Connect), A Better Routeplanner, AnyList et Nature Remo.

Côté intégrations existantes, Shelly gagne une plateforme infrarouge, la radiofréquence sait désormais recevoir des signaux, et les calendriers peuvent être regroupés dans un groupe unique. Le radon dispose aussi de ses propres déclencheurs et d’une condition dédiée, pour lancer la VMC du sous-sol au bon moment. Enfin, OpenWrt (ubus) et Keyboard Remote se configurent maintenant depuis l’interface.

Triste nouvelle pour les possesseurs de piscine : l’intégration Flipr est retirée, l’entreprise ayant été liquidée. Une version minimale subsiste uniquement pour afficher l’alerte de configuration.

Encore de quoi peaufiner son installation domotique

Vous l’aurez compris, cette 2026.11 est copieuse, et elle touche à des fondations : le nommage des entités, l’authentification, la gestion des appareils multicanaux. Raison de plus pour ne pas cliquer sur « Mettre à jour » dans la minute sur votre instance de production. Vérifiez que votre dernière sauvegarde est restaurable, testez si possible sur une instance de staging, et passez en revue les changements incompatibles ci-dessous.

ConcernéCe qui changeQue faire
Tous (noms d’entités)Les cartes sans nom affichent « appareil + entité »Renommer, activer « Entité principale », ou nommer la carte
Accès par IP publique / TailscaleErreur « Invalid client id » si l’adresse ne correspond pasDéclarer le reverse proxy en trusted_proxies ou passer par un nom de domaine
Soleil et calendrier (YAML)Le signe de l’offset décide avant/après si offset_type est absentInverser le signe de l’offset
Matterclimate.turn_on reprend le dernier mode ; volets tilt-only ; unités COV/CO/NO₂/O₃Utiliser climate.set_hvac_mode et les actions *_cover_tilt
Z-Wavezwave-js-server 3.11.0 minimum ; endpoints en appareils enfantsMettre à jour l’app Z-Wave JS (≥ 1.9.0) ou Z-Wave JS UI (≥ 11.24.2) avant HA
ZHAChaque groupe a son propre appareilNe plus cibler le coordinateur ; attribuer une pièce aux groupes
TuyaMulticanaux découpés en appareils « Canal »Revoir templates et cartes basés sur friendly_name
MQTTUne entité sans unique_id ne crée plus d’appareilAjouter un unique_id
TelegramPlateforme notify historique suppriméePasser à telegram_bot et notify.send_message
Philips HueEffet "None" suppriméUtiliser "off"
Xiaomi MiioActions sans cible refuséesPréciser entity_id (ou all)
Trackers réseau (FRITZ!, UniFi, Nmap)Rattachés à un appareil, désactivés par défautActiver les nouveaux trackers utiles

À surveiller aussi : AdGuard Home (v0.107.30 minimum pour le journal des requêtes), Uptime Kuma (2.0 minimum), Ring (sirène désormais en entité siren), Nanoleaf (déclencheurs de gestes supprimés), SMTP (pièce jointe introuvable = erreur) et plusieurs intégrations qui perdent leur intervalle de rafraîchissement personnalisé.

Le mot de la fin

Comme toujours, cette nouvelle MAJ sera diffusée ce soir, mais pas de précipitation, même si ce programme chargé est alléchant ! Pour choisir le bon moment pour appuyer sur le bouton, relisez d’abord notre guide ci-dessous :

home-assistant-mise-a-jour-comment-trouver-bon-equilibre

Pas de précipitation sur les MAJ Home Assistant, mais ne tardez pas non plus ! Quelle est la bonne fenêtre de mise à jour ?

Le Cloud Nabu Casa est sans doute le service le plus pratique pour piloter votre domotique de l’extérieur sans bidouiller votre routeur, profiter de grandes performances sur la synthèse vocale ou encore des sauvegardes déportées sécurisées. Mais attention : pour…


Domo-blog a fait le choix de ne pas polluer votre lecture avec de la publicité. Vous trouverez cependant des liens affiliés vers les produits recommandés dans le contenu. Cela ne perturbe en rien votre experience de lecture et permet de financer le blog.
Vous pouvez également soutenir le blog en m'offrant un café sur Ko-Fi.


discord

Restez connecté aux nouveautés domotiques, inscrivez-vous à notre newsletter

A propos de cet auteur

Aurélien Brunet

Chef de projet informatique avec un ADN ancré dans l’IT industrielle et les réseaux, j'explore l'univers de la maison connectée depuis plus de 15 ans. Ce qui n’était au départ qu’une quête de sécurité est devenu une véritable expertise que je peaufine au quotidien. Entre deux lignes de code YAML et un nouveau protocole testé, je décrypte pour vous les enjeux de la maison connectée. Retrouvez mes analyses et retours d'expérience ici-même et dans mon podcast Domotique Chronique.

energie
energie
promos domotique
green
promos domotique